Mardi 14 octobre 2008
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Chose promise, chose due : j'ai vu le film il y a quelques jours, j'en fais donc un article.
Plus qu'un film, tout le monde parlait
"du dernier Woody Allen". On n'allait pas voir le film, ni les acteurs, mais la dernière production d'un homme qui a toujours su étonner son
public
(un peu comme lorsqu'un Christophe Honoré ou un Tim Burton sort...). Il y a ainsi certaines valeurs sûres du cinéma auxquelles on se fie les yeux fermés.
Une vraie chance pour moi : après avoir été forcée de voir plusieurs fois la bande annonce en VF en pré-séance à d'autres films, un cinéma de Dijon a sortit
Vicky, Cristina,
Barcelonaen VO le jour J : le Devosge
(le même ciné qui sort à chaque fois, avec ma plus grande bénédiction, les Harry Potter en VO également...). Et heureusement, car les voix
françaises ne me disaient absolument rien qui vaille.
Trois acteurs
(que dis-je trois... quatre...), mais surtout trois :
Javier Bardem (toujours aussi présent sur l'écran, par ses attitudes posées et fortes à la fois, je
l'ai trouvé mille fois mieux que dans le dernier film que j'ai vu avec lui, à savoir Les Fantômes de Goya
),
Scarlett Johansson, que j'étais restée trop longtemps sans
voir et qui décidément me plaît beaucoup, et
Pénélope Cruz, dont je suis de toute façon une admiratrice invétérée depuis que
Pedro Almodovar a mis la main sur elle
(tenez, encore un réalisateur dont on va voir les films les yeux fermés... à croire que les gens talentueux savent se trouver...).
Ce sont ces trois acteurs qui tiennent le film, qui font l'importance des séquences les plus belles, par leur charisme à tous les trois, par leur beauté, leur voix. Quand il n'y en a que deux,
quelque chose manque, quand ils sont là les trois, on sent l'harmonie qui se détache soudain de leur vie.

Et puis il y a
Rebecca Hall, bien sûr. Ravissante dans
son rôle, qui fait le lien
(et un lien fort)entre Cristina - Johansson et Juan Antonio - Bardem ; entre la vraie vie, et la vie rêvée qui nous échappe, qui nous fait peur.
C'est exactement ça :
Woody Allen nous offre un tableau d'un extrait de vie qui ne pouvait être qu'un extrait. Une sorte de fantasme impossible à réaliser trop longtemps. On
aimerait pourtant, que tout continue entre les trois personnages, on comprend difficilement le départ de Cristina...
Mais ce n'était qu'une parenthèse, la plus belle qui soit, certes, mais parenthèse malgré tout.
Finalement, en y réfléchissant bien, il y a même cinq acteurs importants : le dernier étant
Christopher Evan Welch. Ne le cherchez pas à l'écran, c'est lui qui fait le narrateur,
la voix off qui relie chaque scène précautionneusement découpée par le réalisateur.
C'est lui qui va malheureusement me faire dire qu'à la fin du film, je suis restée sur ma faim. Oui les images sont belles, oui l'histoire est splendide, oui les acteurs sont merveilleux et
touchant au plus profond de notre être, mais je reste déçue par ce narrateur, cette voix qui me forçait à quitter le rêve à chaque fois, qui me forçait à me reconcentrer
(ou plutôt me
déconcentrer...) sur autre chose que des sentiments et de la beauté.
C'était comme une brisure à chaque fois que le récitant reprenait la parole.
Vicky, Cristina, Barcelona, c'est une histoire magnifique, racontée superbement, mais racontée trop
vite. Remplacer des images par un texte explicatif à chaque fois m'a donné l'impression que Woody Allen ne voulait pas s'éterniser, voulait aller vite, à l'essentiel, à la rupture.
Évidemment, l'effet est réussi : on arrive vite, on ne reste pas dans le rêve, dans la vie d'artiste, le retour à la réalité est imminent. Et c'est dommage, j'aurai aimé y croire plus longtemps,
avec plus de ferveur.
C'est presque tyrannique de nous offrir de si belles scènes, de si belles images, et de nous couper notre élan avec une voix qui vient gentiment nous expliquer ce qu'il va se passer !
Mais ce point négatif mis à part, le film reste une très belle oeuvre d'art que je vous conseille vivement de
voir. ^^