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Petites infos perso.

Laure, 22 ans dont un paquet de bêtises.

Donc... je suis étudiante en troisième année de lettres modernes juste pour le plaisir, je joue de la guitare classique à mes heures perdues (les pauvres...) et si je devais aimer quelque chose, ce serait :
lire,  parler, le ciné,  écrire,  le Japon,  les mangas, Rimbaud,  la nature,  les langues,  cuisiner,  le chocolat,  la musique,  l'ananas, Giono,  l'orange,  les pandas, Harry Potter,  les dramas,  la peinture,  les roses,  la vie,  apprendre, voyager...


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Pingouins pot de colle. ^^

Mon ciné 2008.



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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 09:45

cours du 28-01-09
Mr Bismuth


→ partiel le 15 avril de 8h à 10h.

 

Définitions

 

Qu'est-ce que la poésie ? La spécificité de la poésie ne va pas de soi. Pour le roman, le théâtre, le texte argumentatif, on peut donner des définitions théoriques formelles et fermées. Tout est définissable, sauf la poésie semble-t-il.

Les définitions sont contradictoires, en particulier celles apportées par les auteurs. Les critiques se sont mis à définir la poésie très tard. (cf. Guillevic : "la poésie, c'est autre chose"). Elle est définie par ce qu'elle est mais aussi par ce qu'elle n'est pas.

L'objet de la poésie, son but est aussi flou que la définition : pour certains elle doit dire la vérité (cf. Lautréamont), pour d'autres elle peut tout dire (cf. Hugo). Pour Baudelaire, elle n'a pas d'autre but qu'elle même. Les poètes disent eux-mêmes qu'on ne peut pas la définir (surtout les surréalistes). Le terme de poésie peut prendre plusieurs sens contradictoires :

            - texte versifié avec contraintes d'écriture.

            - paysage/tempérament poétique = rêveur, fantaisiste.

            - "mettre un peu de poésie dans son quotidien"

            - langage noble : des propos qui manquent de poésie.

La définition littéraire comme la définition critique parle de prose poétique et de poème en prose.

 

Mais en quoi consiste une définition? C'est marquer les frontières d'une chose, d'un concept. Il existe deux types de définitions :

            - de l'intérieur : par les synonymes...

            - de l'extérieur : dire ce qu'il n'est pas.

Par exemple on peut définir la littérature baroque comme littérature écrite en marge de la littérature classique (qui n'est pas classique), ou comme littérature fondée sur la thématique de la violence, etc...

 

Une définition de la poésie par l'intérieur serait difficile car c'est un terme polysémique inexplicable. De l'extérieur, c'est ce que fait Guillevic : la poésie ce n'est pas le reste, c'est autre chose, quelque chose de différent, mais il est difficile de dire de quoi elle est l'envers. (mais une certitude : elle est bien l'envers de quelque chose, c'est le point commun de toutes les définitions).

 

 

● Tentative de définition générique, en tant que genre :

 

C'est autre chose que les genres déjà constitués. Il est possible en littérature de classer la poésie par rapport aux autres genres. On définit alors la poésie en définissant sa place au sein des genres.

 

La conception des genres vient de l'époque romantique. Il y a trois grands genres : roman, poésie et théâtre. C'est incomplet car il fait prendre en compte qu'à l'époque on ne considérait même pas comme littéraire certains auteurs (comme Voltaire par exemple).

Incomplet, donc, car il manque autobiographie, argumentatif, mémoires... La triade romantique ne suffit pas, il faut un quatrième tiroir où ranger tout le reste : "prose non fictionnelle" où on mettrait les narrations vraies d'une part (journal, mémoire...) et les textes non narratifs d'une autre part (informatifs, argumentatif...).

 

projet de réalisation scénique

fiction narrative

prose non fictionnelle

théâtre

roman

narrations vraies : journal, mémoire, autobiographie...

textes non narratifs : information, argumentation...

 

Et la poésie dans tout ça ? Les autres catégories se définissent par leur projet, ou leur objet. Si le travail du vers appartient au domaine de la poésie, on constate alors qu'elle peut s'intéresser aux autres objets des autres catégories.

 

Les premiers romans étaient en vers (comme l'Illiade), les premiers traités également (les Géorgiques de Virgile, sur l'agriculture) ; à l'époque antique ou classique, les vers étaient partout. Hugo a utilisé l'écriture poétique dans certains de ses textes argumentatif. Le théâtre surtout, jusqu'à aujourd'hui, est une production en vers.

Si la ressource "poésie" est utilisable par les autres genres, c'est qu'on ne peut la définir par son objet ou son projet. Quel est donc son trait définitoire ? Le langage.

 

La seule possibilité qui nous reste est de partir du langage. La poésie se définit par son langage. Cela correspond à une partie des définitions des auteurs. On la reconnaît grâce à son langage, même lorsqu'elle se met dans les autres genres.

La poésie est le genre qui prétend utiliser un langage particulier (on peut la définir à la fois par sa prétention et par son langage). Les premières définitions que la critique littéraire donne à la poésie seront des définitions de linguistes : des définitions descriptives et globales, susceptibles de rendre compte de tous les textes poétiques, contrairement à des définitions thématiques (où l'on ne pourrait que parler du mystère...).

 

 

● Approche linguistique de la poésie :

 

1) Définition de Roman Jackobson : en 1960 il publie un article s'intitulant "linguistique et poétique", pour des essais de linguistique générale. Sa réflexion porte sur l'étude de l'œuvre d'art littéraire et la relation avec la linguistique (cf. tableau de la communication verbale par rapport aux facteurs).

 

contexte

destinateur -------------------------- message -------------------------- destinataire

contact

code

 

Dans toute communication verbale, un destinateur envoie un message à un destinataire. Pour être cohérent, le message requiert un contexte ; il faut aussi qu'il y ait un code entre les deux interlocuteurs, et les deux pôles de la communication doivent être en contact. Ce schéma ne tient pas compte de la pragmatique du discours, c'est à dire de l'influence possible de l'un sur l'autre. Mais il est convenable dans le cadre de la communication littéraire, où le message, est le texte (la communication entre l'auteur et le lecteur), ce message sera asynchrone, c'est à dire qu'il ne se produit pas au même moment, donc pas d'influence possible.

A partir de là, Jackobson va définir les fonctions du langage à travers 6 facteurs qui correspondent aux 6 fonctions.

 

référentielle

émotive -------------------------- poétique -------------------------- conative

phatique

métalinguistique

 

Lorsque le message vise le référent, il remplit une fonction référentielle, cognitive. S'il est centré sur son destinateur, il a la fonction émotive, expressive. S'il est centré sur son destinataire ("Dis-moi ou meurs tout de suite"), il a une fonction conative. La fonction phatique (parler) s'assure que le contact est bien établi ("vous voyez ce que je veux dire"), et enfin, la fonction métalinguistique exprime un message centré sur le code, donc sur le langage. C'est la langue utilisée par les linguistes pour décrire le langage.

 

Pour Jackobson, la poétique correspond au message qui met l'accent sur la forme même du langage. La fonction poétique attire l'attention sur le message en tant que message et non sur ce qu'il désigne.

 

Trois remarques :

- cette fonction poétique n'est pas propre à la littérature ou au langage poétique. Il arrive souvent à la langue courante de l'activer quand on joue avec le langage (publicité, journaux...) Elle est même utilisé par la langue vulgaire : c'est un matériel dont on peut se servir pour décrire toutes les langues. Le seul langage qui échappe à cette fonction est le langage administratif (parfaitement neutre).

- Jackobson ne dit pas non plus que la fonction poétique est la seule fonction du langage poétique. Un texte poétique peut cumuler plusieurs fonctions (fonction émotive...).

- dans cette étude, Jackobson décrit d'abord les fonctions du langage, puis donne une définition de la poésie qui ne vise pas seulement le vers, mais toutes les spécificités de la poésie. La définition dit que la poésie est un genre littéraire centré sur son langage. Il tient un langage particulier et il le désire particulier.

 

→ le trait définitoire de la poésie est donc bien le langage.

 

2) définition de Jean Cohen : en 1966, ce linguiste publie "Structure du langage poétique" (lire intro et conclusion). Il part du constat de la polysémie du terme poétique et tente une définition de la fonction poétique. Il part donc du corpus et se repose sur une approche de la poésie comme écart. En effet, la prose et le langage courant sont considérés comme les normes, donc la poésie est un écart.

Cohen en tire deux conclusions :

- "La différence entre prose et poésie est de nature linguistique, donc formelle. Elle ne se trouve ni dans la substance sonore ni idéologique, mais dans le type particulier de rapport que le poème institut entre signifiant et signifié, et entre signifiés."

- "se caractérise par sa négativité" ; "violer le code du langage normal".

 

Pour Cohen, la poésie ne porte donc ni sur le signifiant, ni sur le signifié. La différence entre prose et poésie porte sur les relations particulières entre les deux (si je tiens une rose en disant rose, ça n'est pas poétique ; si je dis femme, je suis dans le domaine poétique). Au regard du langage normal, prosaïque, il y a des irrégularités dans le langage poétique, des relations particulières entre signifiés (le temps relié au nuage est un lien normal ; le nuage associé au futur est un lien irrégulier).

 

→ Les deux définitions ne sont pas incompatibles, elles se complètent. Si le langage poétique est un écart, c'est bien pour attirer l'attention sur sa spécificité. Cette dernière tient dans la différence avec le langage courant : c'est son trait définitoire linguistique. La spécificité de la poésie est bien sa langue, et c'est pour ça qu'elle est compatible avec les autres genres.

Mais ce trait définitoire est-il primaire ou secondaire ? Pourquoi a-t-on attendu si longtemps pour définir la poésie ? Si la spécificité est linguistique, d'où vient la polysémie ? Si c'est une affaire de langage, pourquoi y a-t-il des définitions thématiques ? (cf. Sheney, la poésie "soulève le voile du monde").

 

→ pour des raisons historiques.

 

 

● Définition historique.

 

Pour étudier la poésie de façon critique, il faut attendre le XIXème siècle, et pour en faire une étude linguistique, le XXème siècle, même sur les textes écrits, et pas seulement sur le langage.

Mais une définition linguistique de la poésie n'était pas concevable avant les révolutions littéraires et poétiques qui ont étendu le travail d'un poète (cf. l'école surréaliste). De l'antiquité au début du XXème siècle, le terme poésie a eut plusieurs sens (d'où la polysémie). L'approche linguistique vérifie la poésie sous toutes ses formes : c'est bien la seule possible.

 

Par exemple, dans Elsa d'Aragon, la fonction référentielle, ce dont parle le texte, est "toi" et "le temps". Mais à cela s'ajoute une fonction émotive, "j'étouffe". Le vers ressemble à la phrase mais se construit contre la phrase car il n'y a aucune ponctuation.

 

Les termes de poésie ont pu signifié des choses contradictoires à différentes périodes, en basculant de l'âge classique à l'âge romantique par exemple. Si l'on part du principe que toute littérature est écrite, l'histoire littéraire commencerait au moment des premiers écrits. Avant, ce serait la préhistoire littéraire. On peut deviner ce qu'a pu être la poésie avant les premiers écrits, nous avons quelques certitudes :

- la littérature a longtemps été orale

- la littérature passée oralement a toujours été poétique

- elle a longtemps été liée à la religion, c'était une activité religieuse

 

L'histoire de la poésie remonte au néolithique, lorsque l'homme dansait, dessinait et chantait. L'activité langagière était liée aux chants. La littérature a commencé par être chantée. On retrouve cela dans les chœurs antiques ou dans les épopées telles L'Illiade où le conteur se sert d'une lyre pour raconter les événements de la guerre de Troie. Ce sont des récits psalmodiés. Dès que la parole n'est plus utilitaire mais qu'elle se compose pour s'adresser à un public, elle s'associe forcément au chant, au rythme, à des séquences récurrentes, à des formules, une durée, isométrie ; donc à tout ce qui constitue le vers.

A l'époque antique, il ne rimait pas mais était en séquence : la littérature était donc toujours en vers, parce qu'elle se chantait selon un certain rythme. Cela permettait la mémorisation. Le vers n'était pas un élément de décor mais un point de départ : la répétition des longues séquences se passe d'écriture grâce aux vers (par exemple, il y en a 4000 dans La Chanson de Rolland). On pouvait mémoriser cela par la tradition orale grâce à la répétition et à la régularité des vers.

Nous ne sommes pas encore à la période des rimes, mais à celle des assonances et des décasyllabes (4+6). L'oralité et la poésie, nécessitent une portée de voix, une psalmodie, donc des vers. Elle est compatible avec la littérature : l'écriture a été inventée pour des raisons commerciales et elle a permis de composer des chants de plus en plus importants. L'écriture permet aussi d'aller au-delà de la mémorisation. La poésie n'est pas un exercice spécifique d'écrivain, contrairement à la prose qui ne vient qu'après, avec l'écrit.

Par Lya - Publié dans : coin fac'
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